Jeudi 8 mars 2007
Bonjour,

Je m'étais pourtant levé (tôt) de très bonne humeur ce matin les sondages accordant, une fois de plus, un très bon score à François Bayrou face à ses deux rivaux de l'UMP et du PS.... pensez-donc : il est crédité entre 20 et 24% au 1er tour, juste derrière Maldone Ségolène Royal et Joe Dalton Nicolas Sarkozy.

Et ce midi... Degringolavit patatra fecit plouf !!!! J'apprends que Simone Veil, une des femmes politiques les plus importantes en France et en Europe de ces 30 dernières années vient apporter son soutien au ministre-candidat-du-parti-unique-de-la-droite-et-du-centre... Ils ont déjeûné ensemble et la presse nous rapporte que depuis les années 90, Mme Veil "éprouve non seulement de l''admiration, mais également de l'amitié" pour Sarkozy. C'est aussi depuis cette époque qu'elle éprouve semble-t-il des rancoeurs envers François Bayrou, suite aux élections européennes, ratées de 1989...

Voilà donc la batterie "anti-UDF" quasiment au complet pour essayer de contrer l'ascension irrésistible de Bayrou.

Alors là, je dois dire que je suis déçu, même hyper plus que déçu par Mme Veil qui représente pour moi ce que la France avait produit de mieux en personnalité politique à la conviction européenne la plus tenace, étant donné son histoire cela n'étonne personne bien entendu.
Quel va être son rôle auprès de M. Sarkozy ? Probablement essayer de démonter les propositions de François Bayrou sur l'Europe en particulier, mais elle fera (probablement téléguidée) également des déclarations d'ordre plus personnel sur le candidat centriste... famille centriste qu'elle vient de quitter par la petite porte.
Cela a d'ailleurs commencé : Elle a déclaré, peu de temps après le déjeuner, que François Bayrou" ne représentait que lui-même"... Si elle prend 20% (au moins) de Français, comme quantité négligeable, elle pourrait également dire que son champion ne représente que lui-même et son ombre ...

Au-delà du rôle de Scud anti-Bayrou (rôle récusé, mais terme employé par X. Bertrand) qu'a Mme Veil à gagner dans cette position ?
A mon avis, pas grand chose, voire rien du tout ! Et même je dirais carrément qu'elle a tout à perdre, en tout cas dans l'estime de nombreux Français de tous bords qui voyaient en elle une personnalité de référence dans le paysage politique, social et européen.

Bonne journée (quand même)...
par Jean-François Le Bihan publié dans : Actus
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Samedi 3 mars 2007
Bonjour,

Ceci est un fait réel qui s'est déjà produit :

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, 170 militaires suisses, armés, en exercice ont pénétré par erreur dans la petite principauté voisine du Liechtenstein.
Les soldats (des appelés apparemment) se seraient trompés d'itinéraires et auraient ainsi parcouru plusieurs kilomètres en territoire étranger avant de se rendre compte de leur bévue et de rebrousser chemin !

L'incident n'a pas eu de suites diplomatiques mais fait suite à d'autres précédents : Dans les années 1980, lors d'un exercice militaire, des roquettes avaient été tirées sur le Liechtenstein et avaient brulé plusieurs hectares de forêts.

De même, dans les années 1990, les soldats helvétiques s'étaient également perdus et étaient arrivés de nuit dans le village français de Ferney-Voltaire (Ain). Ne sachant comment regagner leur caserne, ils avaient demandé conseil au patron du bistrot du village ! Cet événement avait commencé à créer un incident diplomatique entre nos deux pays.

Et dire que la Suisse a le statut de pays neutre ! Si elle se met à envahir ses voisins où va-t-on ???

Bon week-end.
par Jean-François Le Bihan publié dans : Europe
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Mardi 27 février 2007
Bonjour,

Hier soir, François Bayrou était l'invité principal de l'émission politique de TF1 animée par PPDA. Passons rapidement sur la polémique, stérile, de la question "devait-il ou non y aller ?", de toute façon, c'est fait !

Autre polémique, que les questions ont essayé d'orienter : l'Education. Les premières questions ont permis d'avoir connaissance de sa priorité concernant l'école en particulier les savoirs de base de la lecture et de l'écriture. Et, contrairement à ce que disent ses détracteurs, lors de son passage à l'Education Nartionale, il a quand même mis des choses en place, qui sont toujours appliquées (voir mon article précédent). Et cela, grâce à la concertation avec les syndicats, assez puissants dans l'EN. Il a également dit vouloir conserver les effectifs actuels des enseignants ce qui est une bonne chose, tout en les redistribuant en fonction des besoins. Enfin, il a également dit que ce n'était pas au Ministre de tout décider, mais que les enseignants, sur le terrain devaient également être impliqués dans la décision.

D'un point de vue politique, il a montré, de façon claire, que la "guéguerre" UMP/PS allait nous conduire dans le mur. Et ce n'est pas, comme l'a dit le PS ou l'UMP une politique du "ni-ni", mais une politique du "Avec-Avec".... c'est donc une 3ème voie qui est proposée. Avec les gens compétents quel que soit leur bord politique, pourvu qu'ils adhèrent au programme proposé.

Concernant les projets de la social-économie et la réduction de la dette, ses propositions, déjà présentées vendredi dernier, sont claires et porteuses d'avenir.

Quelques regrets tout de même : il n'a pas été question, ou si peu, d'Europe, de la vie du monde agricole (les questions étaient réservées pour D. Voynet et J. Bové) et du statut des demandeurs d'emploi, alors que le programme de François Bayrou reprend de très bonnes idées dans ces domaines.
Mais il est vrai qu'en à peine 1h30, il est difficile de répondre à autant de questions, alors que les deux candidats majoritaires ont eu, eux, 2h pleines.
D'ailleurs j'ai beaucoup aimé la fin quand François Bayrou a imposé à PPDA que "Françoise" pose sa question, le journaliste n'a pas pu l'en empêcher.
En parlant de PPDA, j'ai trouvé son attitude désagréable vis à vis d'un candidat à la présidentielle. Il l'interrompait tout le temps en lui disant de raccourcir les réponses, qui pourtant auraient demandé à être parfois plus développées. Il n'avait pas eu cette attitude face à Ségolène ou Sarkozy...

Somme toute, cette émission, à une heure de grande écoute, a permis au candidat Bayrou de mieux faire connaître ses idées et son programme qui, au lieu de diviser la France, la rassemblera.

Bonne journée.

par Jean-François Le Bihan publié dans : Actus
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Jeudi 22 février 2007
Bonjour,

Ca y'est "Lou Bayrou" commence à faire trembler dans les chaumières du PS et de l'UMP... Celui qui, il y a quelques temps encore, était crédité d'un maigre 10% est bien en place entre 15 et 17% depuis quelques jours.
Depuis ces dernières estimations, les coups pleuvent sur François Bayrou, il n'est que de se balader sur les sites des grands journaux qui proposent de laisser des commentaires sur leurs articles... Et les responsables UMP et PS s'y mettent également de plus en plus, à droite comme à gauche, on demande au centre de clarifier sa position.
Depuis ce matin, c'est chose faite : sur France Inter dont il était l'invité, il a clairement dit que s'il n'était pas au second tour, "je ne rentrerai pas au bercail", sous entendu, qu'il n'appelera pas à voter Sarkozy... Voilà Sarkozy et Royal rassurés d'un coup d'un seul... mais également ces deux là vont devoir s'allier.

En effet, leur seule chance que François Bayrou ne soit pas au 2nd tour, c'est que les coups viennent des deux bords afin d'écraser le centre "mou"... Et donc, dans les prochains jours risque de se nouer une alliance vraiment contre nature Sarko-Ségo criant "Haro sur le Bayrou"... 
Une autre chance, déjà évoquée serait de faire "monter" le score de Le Pen s'il se qualifie pour participer au 1er tour, ce qui, soit dit en passant, est souhaitable pour la démocratie. Et dans ce sens, le discours qui commence à se radicaliser de Sarkozy (qui redevient le M. Sécurité) est un appel du pied aux électeurs lepéniste en leur disant "OK au 1er tour votez le Pen, mais au 2ème votez pour moi"...

Les deux attaques les plus couramment entendues contre François Bayrou ces derniers temps sont :
- En 1994, en voulant réformer la Loi Falloux sur le financement des écoles privées, il a mis 1 million d'enseignants dans la rue... Ceci est une vision parisienne (ou des grandes villes) du problème. Dans les communes rurales, le maire soutient son école qu'elle soit privée ou publique et même si elle est privée et que c'est la seule de la commune il va l'aider pour la garder...
Donc cet arguement n'est vraiment pas valable pour plus de 50% du territoire français !

- 2ème chose : Ségolène Royal a dit l'autre soir à Rennes, chef-lieu de la région Bretagne, que l'UDF votait toujours "comme un seul homme" avec l'UMP, surtout dans les éxécutifs locaux ! Elle aurait mieux fait de demander à J Y Le Drian, président de Région (socialiste, maire de Lorient) qui lui aurait dit que le dernier budget avait été voté par la gauche, mais également l'UDF, contre l'UMP enfermé dans sa position idéologique...

Bref, encore un argument qui tombe... avec l'aveu de ce matin concernant le "non retour au bercail", François Bayrou et l'UDF sont maintenant des gens libres qui pourront mener la France et lui redonner sa place dans l'Europe.

Bonne journée.

Post-scriptum du 27/02 :
Dernier sondage en date, François Bayrou, avant son émission, atteint 19%.
J'espère qu'il sait faire des contre-feux, car l'UMP/S va sortir dans les prochains jours l'artillerie lourde pour essayer de le dégommer en route ! Mais comme dit un journaliste de Marianne "Comment arrêter un tracteur chantant et centriste à 4 roues motrices ?", apparemment, personne n'a encore trouvé de réponse !
par Jean-François Le Bihan publié dans : Actus
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Mercredi 21 février 2007



Bonjour,

Ce titre est extrait de la déclaration de Jean-Louis Bourlanges, reprenant les vers de Victor Hugo...
Dans l'introduction de la table ronde où intervenait M. Bourlanges, J. Julliard avait évoqué la défaite politique de la France qu'elle a transformé, suite au référendum raté, en suicide international.
Jean-Louis Bourlanges a commencé son intervention autour de la question de la nouvelle identité que l'Europe devait se donner si elle voulait réussir. Partisan du Oui, car il estimait que le TCE était une avancée, il pense que depuis le 29 mai, l'UE vit une sorte de "maladie de langueur" et n'est pas dans une vraie crise. En effet, les institutions fonctionnent tant bien que mal et l'UE continue de travailler, en faisant le minimum vital. Mais selon lui, il ne faut pas se contenter du minimum (libre échange, euro, position commune à l'OMC...).
Le vrai problème se situe en fait dans l'impossibilité actuelle de franchir le pas du politique... L'essai n'a pas été transformé pour la simple raison (d'après Bourlanges) que depuis les débuts de la CEE, il n'y a pas eu de véritable clarification du projet !
Afin de clarifier le projet, il faudrait répondre aux 3 questions "classiques" : QUI, QUOI, COMMENT ?

QUI ?
La question des participants à cette union (en filigrane présence ou non de pays comme la Turquie) est importante. Ces pays doivent-ils participer d'une histoire commune ou doivent-ils partager des valeurs communes ?

QUOI ?
Cette question regroupe les thèmes que les Européens doivent travailler ensemble ou séparément. Pour Jean Monnet, il fallait d'abord travailler ensemble là où c'était possible, et c'est pour cette raison que l'Europe a d'abord été une Communauté Economique.
L'option d'avoir un ensemble politique unifié n'était pas clair pour Monnet. Et, Bourlanges pose la question, "Est-ce réellement possible ?"

COMMENT ?
La question des institutions se pose à ce niveau. L'organisation politique qui consiste à faire travailler une structure intergouvernementale sur un mécanisme fédéral est-elle viable ?

Ces questions se posent en fait depuis la chute du communisme, car à ce moment, l'UE savait qu'elle devrait intégrer les anciens pays satellites de l'URSS.

Le TCE, rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005, l'a été pour des raisons différentes, mais de toute façon, il ne résolvait pas (selon M. Bourlanges) le problème de l'organisation politique de l'UE. Car, en tout état de cause, nos états doivent faire de la politique ensemble.

Une des raisons évoquées pour le rejet français est que les Français ont estimé que le pacte France / UE était remis en cause, et qu'au fond c'était le Traité de Rome qui était rejeté. En effet, les Français n'ont pas pu accepter une idée qui était à la fois libérale et sociale.

Maintenant où en sommes-nous ?
La situation actuelle est la suivante : "Il y a d'un côté l'Europe et de l'autre la France".

3 scénarios pour sortir de cette "maladie de langueur" sont possibles :
- Tout le monde adopte le texte tel quel, cette option semble la plus improbable étant donné les antécédants français et néerlandais.

- Les Français arrivent à sortir de leur isolement en revotant sur un nouveau traité simplifié et surtout en reconstruisant, dans la confiance le couple franco-allemand en perdition actuellement.
C'est l'option la meilleure mais surtout la plus optimiste.

- On en reste aux traités actuels et l'Europe continue d'avancer cahin caha... Cette option, selon M. Bourlanges n'est pas la plus optimiste, mais la plus probable... Elle montre un pessimisme robuste mais lucide.

Cette intervention a précédé de quelques heures celle de François Bayrou que je vous retranscrirai dans un article suivant.

Bonne journée.



par Jean-François Le Bihan publié dans : Europe
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